La tradition mystique dit qu’en fin de compte, l’obscurité suivra toujours la lumière. Mais peut-être que notre égarement hors du sentier droit fait s’éloigner le jour de nous...
Ainsi, lorsque l’Étoile était sur le point de se coucher et que les ombres commençaient à s’infiltrer à travers les derniers rayons de lumière, je suis resté là, observant tout se dérouler sous mes yeux.
À cet instant précis, peut-être qu’avec juste assez de courage et d’amour, j’aurais pu traverser les ténèbres et émerger à nouveau dans la lumière. Mais hélas, je n’ai pas bougé d’un pouce. Je n’ai pu invoquer le Soleil.
Maintenant, dans les décombres, je me vois rejeté encore une fois. J’avance dans la boue à côté de visages souriants, tous ignorants de l’illusion. Je tourne en rond, les mains tendues vers le ciel, mais dans la terre natale de la poussière, je demeure. Ô gravité du Soleil, me tireras-Tu enfin vers Ton feu ?
Y aura-t-il une fin à cette errance perpétuelle, cet exil et retour incessants ? Existe-t-il un moyen de ne plus jamais partir, et par la même ingéniosité, de ne plus jamais avoir à revenir ? Peut-être qu’un jour je rencontrerai une ancre magique que l’on pourrait utiliser dans l’état de proximité...
Car mon cœur souffre en cette nuit la plus obscure, et seule la réunion avec la lumière peut guérir son mal. Tout comme ces insectes qui consument leurs ailes par passion pour la flamme d’une bougie, ainsi mon cœur aspire-t-il à brûler dans la tendre chaleur du Soleil. Il sacrifierait volontiers un million de battements dans Son feu purificateur, ne serait-ce que pour boire une coupe à l’exquise fontaine de l’Unité. Et tel un enfant insouciant sur un carrousel, mon cœur crierait :
— Anis

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